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Giacomo Meyerbeer

Giacomo Meyerbeer a commencé sa vie sous le nom de Jakob Liebmann Beer, ajoutant plus tard Meyer, le nom de son grand-père maternel, et changeant Jakob en Giacomo en s’installant en Italie. Né à Berlin dans une famille juive cultivée, il étudie le piano avec Muzio Clementi et est rapidement reconnu comme un prodige sur cet instrument. Il a également étudié la théorie musicale et la composition, d’abord avec Carl Friedrich Zelter, puis avec le directeur de l’opéra de Berlin Bernard Anselm Weber, et enfin avec l’abbé Vogler, l’un des théoriciens allemands les plus éminents de l’époque. Au début de la vingtaine, Meyerbeer était un pianiste sensationnel, mais son objectif principal était d’être compositeur.

Attiré dès ses débuts par la musique dramatique, Meyerbeer fait ses débuts en public avec un succès modéré en 1811 avec l’oratorio Gott und die Natur. S’ensuivirent deux opéras, tous deux des échecs, évidemment à cause de leur veine académique trop sérieuse. Antonio Salieri, directeur de la Chapelle impériale de Vienne, a conseillé à Meyerbeer d’aller en Italie pour voir plus du monde et apprendre à écrire pour la voix. Il prit ce bon conseil et étudia à Venise (1815-1817).

Le modèle le plus important de Meyerbeer était Gioacchino Rossini, qui incarnait les capacités et les qualités qui manquaient à Meyerbeer lui-même. Il était un bon élève et, en 1817, il était devenu suffisamment italianisé pour composer un opéra italien, Romilda e Costanza, qui fut produit avec succès cette année-là. Ce tour de fortune l’amène à composer trois autres œuvres pour des théâtres italiens, la meilleure étant Il Crociato in Egitto, donnée en 1824. À ce moment-là, ses yeux étaient déjà tournés vers Paris, où il a finalement remporté ses plus grands triomphes.

De 1824 à 1831, Meyerbeer n’a rien écrit pour la scène. Il passe une partie de ce temps à Berlin pour s’occuper des affaires familiales ; sinon, il est absorbé par l’observation de la vie et de la culture françaises. Son premier opéra français, Robert le Diable, est produit à Paris en 1831. Un succès brillant, qui le catapulte dans une position dominante du théâtre lyrique de France.

Après Robert, Meyerbeer a sorti trois autres opéras sur un modèle similaire : Les Huguenots (1836), probablement sa meilleure œuvre ; Le Prophète (1849); et L’Africaine, composée et recomposée sur une période de 25 ans et produite post-humainement en 1865. En collaboration avec le dramaturge populaire Eugène Scribe, Meyerbeer a créé dans ces pièces une espèce d’opéra offrant une action hautement mélodramatique organisée en une série de vastes tableaux aboutissant à un dénouement saisissant. Une virtuosité extraordinaire est exigée des chanteurs solistes, mais la note principale des partitions est la conjugaison habile des forces vocales et instrumentales dans des développements musicaux à grande échelle à des moments climatiques de l’action. C’est le grand opéra français dans sa robe la plus élégante — massive, spectaculaire et aussi large dans son attrait que les épopées cinématographiques de Cecil B. De Mille.

Meyerbeer composa L’Étoile du Nord (1854) et Le Pardon de Ploërmel (1859) pour l’Opéra-Comique, ainsi que quelques pièces de circonstance écrites à Berlin, où il occupa un temps un poste royal de directeur général de la musique. Aucun de ces éléments n’a ajouté grand-chose à sa réputation, qui a largement disparu au fil des ans. On a peu de goût pour son style d’expression, mais sa position historique est sûre en tant que compositeur qui a le plus saisi dans l’opéra l’humeur de la société bourgeoise dans la France du XIXe siècle.