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Architecture Cachée

Au cours de sa carrière, au moins jusqu’à la Maison de Verre, l’œuvre de Chareau n’a cessé d’osciller entre le culte du  » ready-made « , qu’il doit en partie à l’influence du Dadaïsme, et les standards de qualité artisanale du Salon des Artistes Décorateurs.

Frampton, Kenneth (1984). Pierre Chareau un architecte éclectique.

Tout au long de sa carrière, au moins jusqu’à la Maison de Verre, l’œuvre de Chareau a oscillé sans cesse entre le culte du  » ready-made « , influencé en partie par le dadaïsme, et le goût pour la qualité constructive de l’artisanat du Salon des artistes décoratifs

.Frampton, Kenneth (1984). Pierre Chareau, un architecte éclectique.

CONTEXTE/CONTEXTO

En 1928, Madame Dalsace achète un ancien hôtel au 31 rue Saint-Guillaume avec l’idée de démolir le bâtiment existant et de concevoir une nouvelle maison pour le Dr Dalsace et elle-même ainsi qu’une clinique de consultation en gynécologie. L’hôtel était à l’intérieur d’un bloc entre deux cours qui définissait sa géométrie. Les plans initiaux du couple ont dû être reconsidérés car un locataire protégé du deuxième étage refusait de quitter son appartement. C’était le point de départ du projet Maison Verre.

En 1928, Madame Dalsace achète un ancien hôtel au 31 rue Saint-Guillaume avec l’intention de démolir le bâtiment existant et de construire un nouveau logement pour elle-même et le Docteur Dalsace ainsi que la clinique gynécologique de ce dernier. L’hôtel était situé à l’intérieur du bloc entre deux cours qui définissaient son volume. Les plans initiaux du mariage doivent être reconsidérés car la locataire du deuxième étage, qui avait un loyer protégé, a refusé de quitter son appartement. Este se convient en el punto de partida del proyecto de la Maison Verre.

STRUCTURE / ESTRUCTURA

Pierre Chareau et Bernard Bijvoet décident de soutenir le deuxième étage avec une nouvelle structure métallique et de démolir les étages inférieurs. Le résultat est la construction de trois nouveaux étages au lieu des deux d’origine et la création d’espaces à double hauteur dans certaines zones de la maison. De plus, les nouvelles poutres et colonnes métalliques apparentes offrent une honnêteté structurelle et matérielle au projet.

La solution prise par Pierre Chareau et Bernard Bijvoet est de consolider le deuxième étage de l’hôtel avec une nouvelle structure métallique et de démolir les étages inférieurs. Le résultat est la construction de trois nouveaux étages par rapport aux deux d’origine ainsi que la création de doubles hauteurs dans les espaces souhaités. De plus, les nouvelles poutres et colonnes métalliques, entièrement exposées, offrent une sincérité structurelle et matérielle.

ORGANISATION SPATIALE / ORGANIZACIÓN ESPACIAL

L’accès à la maison se fait par un passage étroit qui se termine dans une cour avec les différentes entrées. La salle de consultation du Dr Dalsace est située au rez-de-chaussée face au jardin arrière. Devant l’accueil de la clinique et caché par une série de panneaux translucides mobiles translucides, il y a l’escalier principal de la maison qui mène à la maison du mariage de Dalsace. Lorsque vous montez, vous pouvez commencer à percevoir l’effet intérieur créé par la façade en verre. Cet effet est totalement ressenti dans le salon, l’espace principal à double hauteur de la maison. Face au nord, la lumière naturelle constante montre toutes les intentions de conception de Pierre Chareau pour la Maison Verre: une sincérité structurelle montrant les profilés métalliques, et une ornementation basée sur la combinaison d’un système complexe de cloisons mobiles avec des meubles, principalement construits en bois, plus proches du style Art Nouveau. Ce niveau contient également la cuisine, la salle à manger, un solarium et une petite salle d’étude avec accès indépendant depuis le bureau du Dr Dalsace. La chambre principale et les chambres secondaires sont situées au troisième étage face au jardin arrière tandis que la zone de service est située au nord, dans le nouveau volume construit.

A la vivienda se accede a través de un estrecho pasadizo que desemboca en un patio pavimentado donde se localizan sus diferentes entradas. En la planta baja se encuentra la consulta del Dr. Dalsace, que se orienta al jardín trasero. Face à la réception de la consultation et cachée par une série de panneaux translucides mobiles, se trouve l’escalier principal qui mène à la maison du couple Dalsace. En montant, vous commencez à percevoir l’effet intérieur créé par la façade en verre qui se découvre complètement lorsque vous atteignez le salon, l’espace principal de la maison à double hauteur. Avec une lumière constante due à son orientation nord, cette pièce montre toutes les intentions de conception de Pierre Chareau pour la Maison Verre: une grande simplicité et une sincérité structurelle montrant les profils métalliques, et une ornementation basée sur la combinaison d’un système complexe de cloisons mobiles avec des meubles, principalement en bois, plus proches du style Art Nouveau. À ce même étage se trouvent également la cuisine, la salle à manger, un solarium et un petit studio accessible indépendamment de la consultation médicale du docteur Dalsace. La chambre principale et les deux chambres secondaires sont situées au troisième étage donnant sur le jardin arrière tandis que la zone de service est située au nord, dans le nouveau volume construit.

FABRICATION / FABRICACIÓN

La Maison Verre est le plan transformable par excellence, dans la mesure où le motif ultime de chaque transformation peut apparaître complètement variable, passant de la nécessité dans un cas à la commodité dans l’autre, ou disons que cette « poésie de l’équipement » a une signification plus ouvertement symbolique dans un cas que dans un autre.

Frampton, Kenneth (1984). Pierre Chareau un architecte éclectique.

La Maison de Verre est le transformable par excellence, où la raison ultime de chaque transformation peut varier, de la nécessité dans un cas, à la commodité dans l’autre, ou plutôt à la « poétique de l’équipement » où elle a une signification ouvertement symbolique dans certains cas.

Frampton, Kenneth (1984). Pierre Chareau, un architecte éclectique.

Les frontières physiques de la Maison Verre sont brouillées par une complexité constructive de ses cloisons. Lorsque vous regardez les plans d’étage, vous pouvez voir comment les murs qui divisent les différentes pièces ne sont pas dessinés comme des lignes doubles simples, mais comme des éléments qui peuvent se plier ou tourner et ne suivent pas la grille structurelle de la maison. En regardant les intérieurs du projet, ces lignes deviennent des balustrades complexes, des échelles qui se déplacent dans l’espace, des écrans translucides ou des étagères en verre et en métal. Cette esthétique complexe ne vise pas une cible fonctionnelle comme l’affirme Kenneth Frampton dans son essai Pierre Chareau un architecte éclectique, mais une poésie constructive qui conduit la technologie aux limites de fabrication de son temps. La complexité de ses éléments mobiles place la Maison Verre dans une situation intemporelle au sein de l’histoire de l’architecture. Nous ne pouvons pas nous situer strictement dans le Mouvement moderne et son esthétique est plus proche de l’architecture conçue dans les années 1950 et 1960.

Dans la Maison Verre, les limites spatiales sont brouillées par une complexité constructive dans ses cloisons. Déjà en analysant les plantes, nous voyons comment les murs qui divisent les différentes zones ne sont pas dessinés comme de simples doubles lignes mais au moyen d’éléments qui se plient ou tournent sur eux-mêmes et qui ne continuent pas le maillage structurel de la maison. En passant aux photographies des intérieurs, ces lignes deviennent des mains courantes complexes, des échelles pouvant être déplacées dans l’espace, des écrans translucides ou des étagères en métal et en bois. Cette esthétique du complexe n’a pas de but fonctionnel, comme l’explique Kenneth Frampton dans son essai Pierre Chareau, architecte éclectique, mais dans une poétique constructive qui pousse la technologie de l’époque à ses limites de fabrication. La complexité des finitions et des éléments mobiles placent le projet Maison Verre dans une situation intemporelle au sein de l’histoire de l’architecture, l’éloignant des principes du mouvement moderna, et le rapprochant d’une esthétique qui ne deviendra populaire que dans les années 50.

TRANSPARENCY | TRANSPARENCIA

La Maison de Verre est tout aussi difficile à classer selon les genres acceptés ou les idéologies communes que l’est l’œuvre tout aussi atypique de Marcel Duchamp, Le Grand Verre, sa célèbre construction en verre créée dans les années 1915-1923, plus exactement connue sous le nom de La Mariée Dénudée par ses Célibataires, même. Cette comparaison va beaucoup plus loin que le fait apparemment anodin que les deux œuvres enfreignent toutes les règles classifiantes qui concordent avec une compréhension traditionnelle de leurs disciplines respectives.Frampton, Kenneth (1984). Pierre Chareau un architecte éclectique.

La Maison de Verre est aussi difficile à classer selon les genres acceptés et les idéologies communes que Le Grand Verre de Marcel Duchamp, sa célèbre construction en verre créée entre 1915 et 1923. Cette comparaison va bien au-delà du fait trivial que les deux œuvres enfreignent toutes les règles traditionnelles de chacune de leurs disciplines.

Frampton, Kenneth (1984). Pierre Chareau, un architecte éclectique.

La Maison de Verre a de nombreuses approches d’étude qui placent ce projet dans une situation complexe au sein de l’historiographie officielle de l’architecture. L’aspect le plus ambigu de ce projet est probablement la relation avec le verre et la transparence. Les deux façades principales de la maison (nord et sud) sont construites à l’aide d’un tissu de blocs de verre translucide avec des ouvertures en verre transparent à des moments très spécifiques. Au cours de la première moitié du XXe siècle, le verre était devenu l’un des matériaux emblématiques du Mouvement moderne (par exemple, Mies Van der Rohe a construit le Pavillon de Barcelone en 1929 et la Villa Tugendhat en 1930) mais associé au concept de transparence en tant qu’élément de sincérité architecturale et d’hygiène. Pierre Chareau remet en question ces valeurs associées au verre, en construisant un mur-rideau translucide. De l’intérieur, cette façade vitrée fonctionne comme un mur de lumière tamisé sans aucune référence au paysage extérieur, ni à la cour d’accès ni au jardin arrière. Cette contradiction avec les caractéristiques matérielles conventionnelles est l’un des exemples les plus clairs de la méthode de travail de Chareau. Le contexte culturel n’a pas biaisé ses décisions de conception ni modifié la tentative de création de nouveaux espaces et atmosphères.

La Maison de Verre présente de nombreuses perspectives d’analyse qui la placent dans une situation complexe au sein de l’historiographie officielle de l’architecture. L’aspect le plus ambigu de ce projet est peut-être sa relation avec le verre et la transparence. Ses deux façades principales (nord et sud) sont construites par une usine de blocs de verre translucides, avec des fenêtres transparentes à des endroits très spécifiques. Dans la première moitié du XXe siècle, le verre était devenu l’un des emblèmes du mouvement moderna (par exemple, Mies a construit le Pavillon de Barcelone en 1929 et la Villa Tugendhat en 1930) mais associé au concept de transparence et comme élément de sincérité architecturale et d’hygiène. Pierre Chareau remet en question ces valeurs associées au verre en construisant un mur rideau translucide qui, de l’intérieur, fonctionne comme un mur de lumière tamisée sans aucune référence au paysage extérieur, à la fois la cour d’accès et le jardin arrière. Cette contradiction avec les caractéristiques du matériau est l’un des exemples les plus explicites de la manière d’agir de Chareau lorsqu’il s’agit d’aborder un projet, où le contexte culturel ne l’a pas influencé dans sa prise de décision et dans la recherche de nouveaux espaces et environnements.